MAIO 2018

Exposição

Le chant du pinceau

de

Jacob Reymond

Performance pintura-música-dança

na abertura, em 4 de Maio de 2018, às 18h30

 

Jacob Reymond : "Le chant du pinceau"

"A certains la ligne droite ; à d'autres les chemins vagabonds." Je suis de ces derniers. A seize ans, je commence une vie d'ouvrier avec ses trois huit dans une usine... et la peinture en même temps. A dix-sept ans je pars à l'aventure. A vingt ans, première exposition personnelle. Après quelques années, j'ai délaissé mes pinceaux, trop curieux de découvrir d'autres pratiques artistiques : théâtre, musique et cinéma.
Tout cela avec plus ou moins de bonheur... Pendant tout ce temps, j'ai rencontré de grands artistes qui m'ont beaucoup apporté. 
Je me suis enfin remis sérieusement à la peinture. La musique étant ma passion, je peignais toujours en musique.
Depuis quelques années, mon oeuvre est inspirée par la musique, classique et contemporaine, mais aussi le jazz et mes propres compositions. Je peins maintenant les musiques.
Dans mon atelier, je choisis une musique dont l'envie vient quelques fois de très loin, ou suscitée par des rencontres amicales et musicales, des inspirations de l'instant. Bach est mon pain quotidien, depuis ma première rencontre - un choc ! - à l'âge d'adolescent avec la Toccata en ré mineur joué sur l'orgue dans l'église de ma ville natale. Il est devenu ma source d'inspiration, permanente et stimulante. 
Une fois la musique choisie, je l'écoute longuement, attentivement, en la déchiffrant parfois chez différents interprètes. Vient ensuite le moment de ma propre interprétation, sur toile ou sur papier. La transcription graphique - lignes, formes et couleurs - s'inscrit assez souvent dans une temporalité proche de l'interprétation musicale. 
Avec les performances, j'introduis le mouvement grâce à la danse ; je crée un univers sonore à l'instant même. Inspiré par la musique et la danse, porté par l'atmosphère et le public, je pars dans une nouvelle aventure.

Pascal Dusapin, compositeur : 
"Votre voyage graphique au sein de la musique est tout à fait étonnant."
12 mars 2017
"Je suis très touché que ma musique puisse vous inspirer de telles formes peintes, c’est très beau et cela me donne la force de continuer à rêver en sons."
, 4 août 2016

Jacques Amblard, musicologue :
"Dans le cas de Jacob, le premier critère de la musique, le plus fondamental (son déroulement temporel) est objectivé de la façon la plus simple : dessiné, esquissé, poétisé par la présence récurrente d’une portée. Jacob ne dessine pas la musique mais sa partition, en somme, son codage. Il croque, en fait, la partition pour lui-même. Il la griffonne pour la future exécution du musicien qu’il est. Même si cette partition n’utilise pas les signes exacts du solfège, on retrouve l’esquisse de notes ou de rythmes (souvent) et de la portée (presque toujours). Or, cette portée est, à elle seule, garante de l’objectivation musicale. Dès qu’on la voit sur les toiles de Jacob, on comprend que la toile se lit comme une partition (ou d’ailleurs une page de livre) : de gauche à droite et de haut en bas."
"Le temps est sensible chez Jacob. C’est la portée. Même si courbée, amincie ou épaissie, errante, dansante, la portée reste cependant noire quand les couleurs, par ailleurs, s’émancipent pour s’associer aux notes ou aux rythmes, en fait aux accords. En d’autres termes, la portée demeure, comme temps, le support noir des couleurs. Le temps reste une abstraction vide (noire) pour la vie (colorée) qui se déploie sur lui. Les couleurs peuvent alors se répéter, de gauche à droite et de bas en haut sur la portée noire : on comprend que tel instrument, ou tel accord (sonorité verticale), revient."
"Et quand Jacob performe, ce n’est pas un acteur, ni un musicien, ni un peintre à l’oeuvre, mais l’ensemble et aucun des trois. C'est un enfant qui joue. Et c’est l’humain qui est redécouvert, le jeu métaphysique, au-delà de l’art lui-même." 
(Jacques Amblard, Jacob plasti(musi)cien, 2016
texte intégral
: www.jacobreymond.fr/bibliothèque/)

Alain Blanc, écrivain :
Nous savons au premier regard que Jacob Reymond a le pinceau (ou la brosse) musical. Et pas seulement le pinceau, il a tout autant le corps musical, un corps tout entier. Il suffit d’observer l’artiste quand il exécute une peinture au cours d’une performance : l’œuvre qu’il écoute est appliquée en rythme sur un large tissu et nous voyons la musique, à mesure qu’elle s’écoule, apparaître et se montrer dans un habit visible.
Chaque mouvement, chaque phrase de la composition musicale se propage dans la mobilité de la main, du poignet, dans l’engagement physique du peintre afin de prendre chair. "On doit voir la poésie, pas seulement la lire", affirmait avec force Christian Dotremont. On doit voir la musique aussi.
L’œuvre est aussi bien d’instinct que d’instant car Jacob Reymond a le geste vif, animé qu’il est par les notes de Bach, Bartók, Unsuk Chin ou Pascal Dusapin, les morceaux de Steve Reich, Duke Ellington ou Miles Davis.
Toute œuvre ainsi créée est une "peinturemusique".
(dans le livre Instant instinct, quatre-vingt-six peintures de Jacob Reymond en pleine page, parution mars 2018, éditions Voix d'Encre, Montélimar, France ; ISBN : 978-2-35128-146-8)

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